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Biographie :

Michel Almairac est devenu parfumeur par passion. Originaire de la ville de Grasse, c’est tout naturellement qu’il voulu exercer le métier de « créateur d’odeurs » comme il aime le nommer.

Il fit son apprentissage à l’école Roure Bertrand Dupont dans la capitale parfumée. Voilà 27 ans qu’il est dans ce métier qu’il considère comme « très beau ».

Selon lui, « la composition d’un parfum réclame beaucoup de passion et de patience, de la modestie et du doute ».

Le travail de composition apporte à Michel Almairac énormément de satisfaction « lorsque l’odeur, le parfum qu’il voulait créer existe enfin ».


(JPEG) Interview de Michel Almairac, Parfumeur-Créateur

Planète Parfumeur, n°5, novembre-décembre 2000

Propos recueillis par Bernard Bourgeois.

Michel, puis-je vous demander quel est votre signe astrologique ?
Vierge

Pouvez-vous définir votre personnalité en 3 mots ?
Passionné, solitaire, déterminé.

Quel a été votre parcours avant de vous consacrer à la Parfumerie ?
J’ai suivi un cycle d’études normal. J’ai pu intégrer dès 1971 l’Ecole de Parfumerie de Roure située à Grasse pour un stage de 18 mois comme apprenti parfumeur. Bernard Ellena fut un de mes compagnons de route. Je rejoignis ensuite l’équipe Création de Roure à Argenteuil où j’ai tout appris.

Comment votre vocation est-elle née ?
Je suis grassois d’origine. J’ai donc vécu toute mon enfance dans l’univers des odeurs. Lors d’une visite de l’usine de Roure, Avenue Pierre Semard, à l’âge de 15 ans, je fus subjugué par le personnel en blouse blanche manipulant de petites tiges de papier. Je les jugeais très élégants et mystérieux. Ce fut le début de ma passion pour la parfumerie. Chez Robertet, j’ai retrouvé avec plaisir, le charme séduisant de ces lieux magiques.

Avez-vous eu un Maître en Parfumerie ?
Pas exactement, il s’agit plutôt d’une histoire de passion. Cela dit, je dois avouer que Jean-Maurice Martin, Chef Parfumeur chez Roure, sut m’enseigner la parfumerie avec la liberté d’étudier les produits de mon choix tout en m’indiquant que le seul centre de création et de décision se situait à Paris. Au delà de cet aspect, nous partagions tous une véritable admiration pour Edmond Roudnitska qui avait su nous transmettre la simplicité de la forme olfactive. Au cours de mon stage à l’école de Grasse, je pus en outre bénéficier de l’émulation saine entre parfumeurs, Pierre Bourdon et Edouard Fléchier en particulier qui avaient alors une année d’avance sur moi en initiation.

Avez-vous des matières fétiches ?
Je suis passionné par les structures orientales. Parmi les floraux, je préfère la Rose au Jasmin, pour les boisés, je choisirai le Santal et l’Iso E. La Vanille enfin me fascine en raison de son rapport gustatif olfactif rassurant. J’aime beaucoup aussi les notes fruitées.

Parmi vos créations personnelles, quelle est celle dont vous tirez le plus de fierté ?
J’ai une tendresse particulière pour Minotaure et pour Burberry London au féminin.

Quelles sont les parfums qui vous transmettent une véritable émotion ?
Habanita de Molinard qui est l’évocation de Shalimar avec un accord vetiver. Habit Rouge pour lequel j’ai un amour tout particulier.

En dehors de la création en parfumerie, quelles sont vos passions avouables ?
J’aime les belles mécaniques et m’adonne à la restauration des voitures et des motos anciennes.

Quelle est votre vision de la Parfumerie du prochain millénaire ?
La grande révolution a eu lieu car nous sommes revenus à une vraie parfumerie d’une écriture plus dépouillée. Il reste pourtant beaucoup à faire surtout grâce aux nouvelles découvertes sur les matières premières.

Si votre sensibilité créative devait se rattacher à un courant pictural, quel est celui que vous choisiriez ?
L’impressionnisme qui est sobre et évocateur.

NB : Après avoir quitté Roure Bertrand Dupont, Michel Almairac a successivement créé pour Takasago, Créations Aromatiques, Drom, puis Robertet qu’il a rejoint en 1998.