(JPEG) Biographie :





















(JPEG) Interview de Fabrice Pellegrin, Parfumeur Créateur Planète Parfumeur, n°14, mars-avril-mai-juin 2003 Propos recueillis par Bernard Bourgeois.





Puis-je vous demander quel est votre signe astrologique ?
Je suis verseau.

Pouvez-vous définir votre personnalité en 3 mots ?
Intègre, curieux d’esprit, passionné.

Quel a été votre parcours avant de vous consacrer à la Parfumerie ?
Depuis mon enfance, je baigne dans l’univers du parfum et me consacre à une collection de miniatures de parfums. Muni de mon bac Sciences Eco, je suis entré chez Robertet en 1989, Maison dans laquelle mon père Georges Pellegrin fut parfumeur. J’ai débuté mon initiation dans l’atelier des matières premières puis au Contrôle Qualité. Pendant 6 mois, j’ai travaillé auprès de Michèle Saramito, Parfumeur, auteur notamment de « Tartine et Chocolat ». J’étais en quelque sorte sa petite main, et j’ai beaucoup appris. Mon apprentissage s’est poursuivi pendant 2 années au contrôle en chromatographie gazeuse. J’ai acquis ainsi la connaissance intime des matières premières naturelles ainsi que des bases et spécialités que je me suis appliqué à décortiquer. Apprentissage méthodique mais très formateur.

Comment votre vocation est-elle née ?
Mon père m’a donné cette vocation de parfumeur créateur. Il a beaucoup insisté pour que je travaille avec des commentaires personnels sur chacune des matières. Je me suis également aidé de la Méthode de Jean Carles. Il est vrai que mon initiation chez Robertet a éveillé ma curiosité olfactive et conforté mon envie de créer.

Avez-vous eu un Maître en Parfumerie ?
J’ai été très influencé par les travaux et l’écriture olfactive de Michel Almairac.

Avez-vous des matières fétiches ?
J’aime tout particulièrement les matières naturelles. Tous les bois, Patchouly, Santal. Mais aussi les épices, Cardamome, Baie Rose, Cannelle. Les matières ambrées balsamiques Benjoin, Opoponax, Styrax, Ciste, Myrrhe. Elles me proposent un voyage, sont le moteur de ma créativité et font vivre le parfum en lui donnant une âme. La synthèse me permet d’adjoindre un écrin à cette âme. Le plaisir des matières premières naturelles se double de l’intérêt de donner une signature plus difficile à contrefaire.

Parmi vos créations personnelles, quelle est celle dont vous tirez le plus de fierté ?
Ma première création « Eruption » for Men avec la complicité de Gerit Van Logchen. Mais « l’Eau Délicate Calèche » d’Hermès m’a procuré beaucoup de plaisir et une sensation de liberté créative. J’ai donné un effet de modernité et de jeunesse à une écriture respectable de près de 40 ans.

Quels sont les parfums qui vous transmettent une véritable émotion ?
J’aime beaucoup les orientaux, Féminité du Bois, Opium, Must, ainsi que les créations très personnelles de Serge Lutens (Ambre Sultan, Vetiver oriental). J’ai une admiration toute particulière pour le parfum M7 de Saint Laurent, que j’aurais bien aimé créer.

En dehors de la création en parfumerie, quelles sont vos passions avouables ?
Le fait d’avoir longtemps séjourné à l’étranger m’a donné le goût des voyages. J’ai besoin d’espace et de liberté. Je suis un grand sportif (ski alpin). Sur le plan culturel, j’aime le cinéma, les thèmes géopolitiques et socio-politiques. Et un passionné de hautes technologies.

Quelle est votre vision de la Parfumerie du prochain millénaire ?
Je suis convaincu que nous allons assister à un retour de la belle parfumerie. A cet égard, l’engouement pour les parfums niches est révélateur. Il faut songer à des parfums destinés aux véritables amoureux et esthètes.

Si votre sensibilité créative devait se rattacher à un courant pictural, quel est celui que vous choisiriez ?
Bien que je ne sois pas attaché à un artiste en particulier, je citerai Van Gogh. En raison de la violence et de l’extrême personnalité de son style. Par contraste, je suis sensible à la peinture naïve brésilienne qui exprime une gaieté et une joie de vivre stimulantes.